Mgr Jean-Baptiste Colonna d'Istria, évêque des pauvres

Il vit le jour le 3 septembre 1758 à Pitretu è Bicchisgià et s’éteignit le 1er mai 1835 à Nice.

Le 13 avril 1802, Napoléon 1er le nomme Évêque de Nice, Malade il démissionne le 29 juillet 1833

  A son décès le 1er mai 1835 à Nice. Il est fait chevalier de l'ordre des Saints-Maurice-et-Lazare et nommé abbé commendataire des Saints Aventure et Sauveur pour récompenser sa fidélité au roi de

Piémont - Sardaigne.

Il est également fait membre de la Légion d’honneur le 1er juin 1812 à Nice.

Armoiries de Monseigneur Jean-Baptiste Colonna d'Istria

Au début de son épiscopat, Mgr Colonna d’Istria ne portait que son chiffre JBCI dans un écu. En 1814, après la restauration sarde, il prend l’effigie de Sainte Réparate, patronne de la cathédrale et du diocèse. Il ne se servit pas des armes de sa famille.

Avant 1814 initiales entrelacées.

Après 1814 Sainte Reparate.


 Torra Suprana, maison de Mgr Colonna d'Istria 

Un aperçu photographique par Lisandru Colonna d'Istria.

Fontaine offerte par Napoléon 1er à Francesco Maria Colonna d'Istria et sa femme Marie Laure Fiorelli cousine de Napoléon 1er


Maison dites "des moines"

Situer au lieu-dit Vignola commune de Pitretu è Bicchisgià 

Très peu de documents sur cette maison. On raconte que les moines ont été chassés du couvent de Pitretu è Bicchisgià pendant la révolution française en 1789 et ont trouvé refuge dans cette Torra.

C'est pour cela qu'on la surnomme la maison des moines.

Autour de cette tour familiale, les terres étaient autrefois couvertes de cultures de lin, témoignant du paysage agricole d’une époque révolue.

Regard sur le passé, par Lisandru Colonna d'Istria.

 On retrouve sur la façade le monogramme IHS présent signifiant « Iesus Hominum Salvator » 


Les diplômes de Mgr Colonna d'Istria

Les photos provienne de l'Archives départementales des Bouches du Rhone, Aix en Provence

Diplôme de bachelier en théologie de Jean-Baptiste Colonna d'Istria

(en marge signature du futur évêque)

Diplôme de licencié en théologie de Jean-Baptiste Colonna d'Istria

(en marge signature du futur évêque)

Diplôme de docteur en théologie de Jean-Baptiste Colonna d'Istria

(en marge signature du futur évêque)


Prière pour la Saint Jean-Baptiste. 

Prière écrite par Monseigneur Jean-Baptiste COLONNA d'ISTRIA, pour la Saint Jean-Baptiste. 

CHRISTI PRECO

CHRISTI PRECO SANCTISSIME

JOANNES BAPTISTA

ET MARTYR INVICTISSIME

PROPHETAQUE DIGNISSIME

AUCTOREM VITAE INDICANS

EUMQUE LUSTRENS FLUMINE

 

PROTECTOR lN PERPETUM

 PRONOBIS SISAD DOMINUM

ET REGIONEM BICCHISANENTIUM

 QUAE TUA ESCELSAS MERITA

 DEVOTE SEMPER ESCOLIT

 APUD EUDEM PROTEGE

 

GLORIA PATRI ET FILIO

 ET SPIRITUI SANCTO

 

PROTECTOR (BIS)

Traduction

Prière au Christ

Très saint Précurseur du Christ,

Jean-Baptiste,

Martyr très invincible,

Très digne Prophète,

Toi qui as désigné l’Auteur de la Vie
et qui l’as baptisé dans les eaux du fleuve,

Sois à jamais notre protecteur auprès du Seigneur,
et protège également la région des habitants de Bicchisano,
qui vénère toujours avec dévotion
tes mérites très éminents.

Gloire au Père, au Fils
et au Saint-Esprit.

Protecteur (deux fois).

 Quelques termes.

  • Christi Praeco signifie littéralement « le Héraut (ou Précurseur) du Christ », un titre traditionnel de saint Jean-Baptiste.
  • Auctorem Vitae (« l’Auteur de la Vie ») est un titre donné au Christ.
  • Lustrans flumine signifie littéralement « le purifiant dans le fleuve », c’est-à-dire le baptisant dans le Jourdain.
  • Regionem Bicchisanentium désigne la région de Bicchisano (Petreto-Bicchisano) et ses habitants.
  • Merita excelsa signifie « les très hauts mérites » ou « les mérites éminents » du saint.

Billet d'Indulgence 

Traduction

Éloges très dévots

À la Très Sainte Mère de Dieu

Que Dieu te salue, Fille choisie du Père ;
Que Dieu te salue, unique Mère du Fils ;
Que Dieu te salue, Rose vermeille de l’Amour,
Épouse de Celui dont procèdent le Fils et le Père.

Ah ! Adoucis l’amertume de mon cœur affligé,
Ô Marie, Mère d’amour ;
Abaisse l’orgueil de mes ennemis hostiles,
Qu’ils soient visibles ou invisibles.

Germe de Jessé, Reine de mon âme et Sainte,
Belle Rose vermeille, pure et sans pareille,
Que la faute amère de notre père commun
N’a jamais osé atteindre une si belle plante.

Ah ! Obtiens-moi de ton Fils souverain
Qu’il me délivre de l’exil du Tartare.

Tu fus Vierge consacrée avant l’enfantement,
Tu demeuras telle pendant l’enfantement,
Après l’enfantement tu restas toujours Immaculée,
Et Vierge à jamais tu seras, bienveillante et pieuse

Monseigneur Colonna, évêque de Nice, accorde à tous ceux qui réciteront dévotement ces Louanges quarante jours d’indulgence à chaque récitation.

 Quelques termes.

  • « Germe de Jessé » est un titre biblique donné à la Vierge Marie, en référence à la prophétie d’Isaïe annonçant la venue du Messie.
  • « Rose vermeille » est une image traditionnelle de la beauté et de la pureté de Marie.
  • « Le Tartare » désigne ici l’Enfer, selon une expression fréquente dans la littérature religieuse de l’époque.
  • La formule « Vierge avant, pendant et après l’enfantement » exprime le dogme traditionnel de la virginité perpétuelle de Marie.
  • Les quarante jours d’indulgence ne signifient pas quarante jours en moins au purgatoire au sens moderne. Dans la discipline de l’Église de l’époque, cela correspondait à une remise spirituelle équivalente à une ancienne pénitence de quarante jours.
 

Mandement de Monsieur l'évêque de Nice


Article Corse Matin pour les deux cent trente ans de sa naissance

Article Corse Matin du 4 septembre 1998

 Régie par les seigneurs Colonna d'Istria, la «Pieve» de Cruscaglia connut des périodes de paix ; la foi religieuse dominait et les coutumes qui régnaient dans le bas Moyen Âge ; une piété profonde dont Mgr Jean-Baptiste Colonna d'Istria fut l'héritier spirituel.

 D'une longue période de calme, l'histoire n'a retenu qu'un évènement et une figure , celle de Mr Jean-Baptiste Colonna d'Istria. L'évènement, c'est en 1792 le passage de Napoléon Bonaparte, alors commandant des gardes nationaux d'Ajaccio qui, lors d'une mission à Bicchisano, est reçu à la «Torra Soprana». Il y fait la connaissance d'un jeune abbé, fils de la famille, qui le reçoit. Né le 4 septembre 1758, Jean- Baptiste Colonna d'Istria a fait ses premières études au couvent de Bicchisano, puis des études en théologie à Aix-en-Provence où il s'est fait remarquer  par sa sagesse et son austérité.

Ordonné prêtre en 1782, il vient d'étudier la théologie à Pise et à Florence comme  Rome.

 On lit dans les cahiers de Sainte-Hélène les propos suivants de Napoléon, rapportés par le général Bertrand, à la date du 25 février 1821 : «J'ai couché chez un Colonna d'Istria, quand j'étais chef de bataillon, on me logea dans une belle pièce située dans une grande tour, que la famille conservait comme un témoignage de son illustration. Je vis là un abbé auquel je demandai : «Comment cette tour n'a-t-elle pas démolie dans les guerres civiles ? Je n'en sais rien mais elle est restée».

 «J'ai fait depuis, cet abbé Colonna, évêque de Nice, il était janséniste et quand sa famille vint le trouver, croyant éprouver quelque bien-être de sa nouvelle situation, il les fit tous embarquer, disant qu'il ne voulait rien leur donner, qu'il réservait tout pour les pauvres».

 Évêque de Nice de 1802 à 1833, Jean-Baptiste Colonna d'Istria fut en effet remarqué par son esprit de charité. Lorsqu'il se retira, il voulut vivre dans le couvent de Sainte-Sabine, à Rome, dont son frère Paul était prieur. Il refusa sa pension qui lui était offerte et fit même vendre sa croix pectorale et son anneau en disant : «Je ne veux pas descendre dans le tombeau en apportant quelques choses des pauvres».

 Décédé le 2 mai 1835, il fut d'abord inhumé dans l'église de Sainte-Sabine à Rome, où l'on peut voir encore aujourd'hui sa pierre tombale. Mais le peuple de Nice voulut qu'il repose à la cathédrale Sainte-Réparate et sa dépouille y fut transférée, en grande pompe, et inhumée le 13 août 1853. Sa tombe, de marbre blanc, le représente toujours entre un vieillard agenouillé et une mère de famille, symbole de son inépuisable charité.

 Mgr Jean-Baptiste Colonna d'Istria n'avait jamais oublié son village natal ; chaque année, il envoyait une somme d'argent pour doter une jeune fille vertueuse, et l'église de l'Annunziata, à Bicchisano, garde son calice en vermeil ainsi que plusieurs ornements pontificaux, souvenirs inoubliables d'un passé ô combien merveilleux.


Basilique Santa Sabina

Rome

Lieu de sépulture de Monseigneur J-B Colonna d'Istria avant le retour de ses cendres à Nice

Paul le frère de Mgr Colonna d'Istria était prieur dans cette basilique


Pierre tombale dans la Basilique Santa Sabina


Épitaphe de Monseigneur Jean-Baptiste Colonna d'Istria

(Traduction littérale)